Souzdal (et autres villes de l’Anneau d’Or)

18 mars 2007

L’Anneau d’Or n’est en rien un ornement digital et héréditaire des tsars comme on pourrait le croire en voyant le terme pour la première fois, mais une région très anciennement colonisé de la Russie, dans laquelle on trouve les terres les plus plus fertiles loin à la ronde. L’ancien nom russe de cette région (opolie) évoque d’ailleurs apparamment les champs qu’on y trouvait. Quoiqu’il en soit, pour autant que je puisse en juger, la comparaison avec un joyau n’a effectivement rien d’exagéré.

Aujourd’hui l’Anneau d’Or est limité par douze anciennes villes princières (c’est-à-dire où vivaient les princes de Russie au Moyen-Age, chaque prince régnant sur une ville et la province environnante, et assurant en particulier sur son territoire, la sécurité des routes commerciales entre la mer Baltique et Constantinople, ou si on préfère entre la Scandinavie et l’empire byzantin). L’une de ces villes princières est devenue au XIIIème siècle la capitale de la Russie, Moscou. Moscou est donc une des villes qui délimitent l’Anneau d’Or (c’est celle qui est le plus à l’Ouest et au Sud). Les autres villes sont bien entendu magnifiques, du fait de leur ancienneté, et de leur actuelle préservation, loin du tourbillon moscovite. Serguiev Possad (eh oui, souvenez-vous, je vous en ai parlé cet automne) en fait d’ailleurs partie. Quelques-unes renferment des kremlins des anciens princes (dont Moscou)

Souzdal, que nous sommes allé visiter il y a deux ou trois semaines, possède elle aussi un kremlin, et de multiples autres souvenirs architecturaux du Moyen-Age russe. Sous la neige, c’est très beau, et je dirais même que malgré le froid, on a souvent envie de s’arrêter pour admirer le paysage, les domes enneigés et dorés des églises, l’horizon lointain de la plaine russe, et les murailles antiques. « Skazka! », s’écrieraient les Russes dans leur langage imagée et romantique (littéralement cela sigifie: « Conte! », mais j’imagine qu’une traduction plus correcte serait: « C’est comme dans un conte! ». Admirons au passage le sens du raccourci et la puissance expressive de la langue russe)

skazka_souzdal.jpgeglise_souzdal.jpgeglise_en_bois_souzdal.jpg

Pour ce qui est de l’envers du conte, les voyages en marshrutka sont toujours pittoresques, mais cela me donne l’occasion de vous montrer quelques français (non moins pittoresques si j’en crois ma vieille expérience, bien que j’espère ne vexer personne en disant cela…D’ailleurs, je le dis plus pour la blague que parce que je le pense, soyons sérieux)

touristes_francais.jpg

Voici des touristes français à la celèbre gare routière de Souzdal (construite en pleine campagne comme de coutume, de sorte qu’il faut quinze minutes de marche à travers la campagne enneigée pour atteindre les premières izbas du villages…Sans doute l’occasion de rendre un hommage à la beauté légendaire de la nature russe avant de monter dans un autobus, qui lui, je peux vous l’assurer n’a rien d’un hommage à la nature). Si cette photographie est magnifique, puisqu’on y reconnait des français célèbres tels que votre serviteur, Diane, Antoine et Olivier (dans l’ordre croissant), on peut cependant déplorer qu’il y manque notre inestimable Isabelle (et pour cause). Voilà donc une photographie où on peut l’admirer, non dans toute sa splendeur, je le regrette bien, car un barbu (rasé pour l’occasion, d’ailleurs) occupe la majeure partie de la photo. « C’était à l’intérieur d’un marshrutka », nous dira le photographe pour sa défense. Or, le jury pourrait alors n’y rien comprendre, puisque le mot marshrutka n’existe pas en français. Pour plus de clarté, ajoutons donc que l’équivalent russe du minibus est маршрутка (marcheroutka), qui n’est donc pas le nom de code d’une espionne russe.

marchrutka_olivier_isa.jpg

Enfin, pour terminer sur une note militante cette excursion à Souzdal, revoici une rose, qui elle est en bouleau. Qu’on ne dise pas après ça, que je ne m’engage pas dans la présidentielle.

rose.jpg

Voilà pour ce qui est de Souzdal. Quand aux autres villes de l’Anneau d’Or que nous sommes allé visiter, j’en reparlerai plus tard, mais prochainement.

Publicités

L’hiver à Moscou

5 mars 2007

L’hiver à Moscou est magnifique depuis que la neige est tombée et, comme je le disais dans mon précédent article, les occasions sont assez nombreuses d’aller se promener dans la ville.

Voici quelques photographies prises récemment, alors que les cours recommençaient, plus ou moins sur le chemin de l’université (en faisant quelques petits détours). Comme on peut le voir, la neige et la glace ont recouvert le paysage. Les dernières photos ont été prises dans le parc devant l’université sur le lac gelé.

pas_lac.jpgpatineurs_bauman.jpgrose.jpg

J’ai eu également l’occasion de tester les sports d’hiver moscovites sur le Mont des Moineaux (là où il y a l’université MGU Lomonossov) avec Kyrill, un ami russe, camarade d’université. Ici, la coutume chez les jeunes gens est de skier le soir jusqu’à 11 heures sur les pistes qui sont surpeuplées pendant la journée. D’ailleurs, je dois avouer que du pur point de vue sportif, ça vaut à peine le détour puisque la piste doit faire une centaine de mètres de dénivellée sans aucune surprise. Par contre, c’est assez sympa de le faire une fois, ne serait-ce que pour voir Moscou d’en haut. Quand on y est allé, il neigeait dru et on n’a pas vu grand’chose, mais c’était sympa quand même, même si je me suis bien gelé (on est rentré à pied jusque chez Kyrill à onze heures du soir en portant les skis). En fait, apparemment, il existe d’autre piste plus digne de ce nom dans les environs de Moscou et c’est sur une d’elle que Kyrill voulait m’emmener ce soir-là, mais la voiture de la maison était en panne de batterie. Le lendemain, on est allé chercher la batterie pour la recharger. Voici une photo de Kyrill devant le garage (à la russe).

kyrill_voiture.jpg

Voilà pour le moment…A bientôt

Le retour au blog

12 février 2007

Hé oui, voilà bien lontemps que je n’ai pas écrit…Je dois dire qu’à partir d’un moment, ce qui m’a retenu est plus le stress de réecrire après tout ce temps que le manque de choses à dire.

Bon alors, pour commencer bien, je suis content d’avoir fini les examens avec des bonnes notes. Je dois préciser qu’en Russie, on peut passer les examens un nombre assez important de fois, ce qui a deux effets principaux:

  1. En s’organisant pas trop mal, on a largement le temps de revoir tous ses cours et de passer les examens dans les temps
  2. L’université n’est jamais vide au cours des deux semaines de vacances de février en raison des retardataires qui n’ont pas fini de passer leurs examens.

Il faut dire que les retardataires ont des excuses, pusque, comme je le mentionnais dans un poste antérieur, les étudiants russes travaillent pour la plupart pendant leurs études (une manifestation tout à fait exemplaire de ce phénomène est d’ailleurs Svetlana qui travaille tous les jours du lundi au vendredi jusqu’à 8 heures, et qui a des cours le soir et le samedi, avec des tas de devoirs à faire, comme par exemple traduire 200 pages d’anglais et d’autres choses du même genre…Quand je lui demande comment elle fait pour tenir le rythme, elle me dit qu’elle ne travaille pas assez). A ce propos, l’autre jour je discutais avec un authentique Italien, qui a été jusqu’à une époque récente notre voisin et qui repasse nous voir de temps en temps. Il me disait en rigolant qu’avant de venir étudier en Russie il croyait que tous les Russes étaient des génies (informé qu’il était de cette coutume de travailler pendant ses études) et qu’il avait changé d’avis depuis qu’il avait étudié dans une université russe (qui n’est autre que le MGTU, soit dit en passant). Je ne me chargerai pas de tirer les conclusions de ces propos, mais je dois dire que ça m’avait bien fait rigoler sur le coup.

Il y a aussi une deuxième chose qui est assez chouette, c’est qu’il a enfin commencé à geler (depuis le temps qu’on attendait ça). Aujourd’hui, il fait aux alentours de -10°C, et je me garderai bien de dire qu’il fait chaud, bien qu’ayant reçu des instructions dans ce sens de la part de Français qui étaient là l’année dernière (je dois dire, d’ailleurs, qu’il y a la même différence entre 10°C et -10°C qu’entre -10°C et les -30°C qu’ils ont eu l’année dernière, ce qui, je dois l’avouer fait froid dans le dos). Malgré tout, il fait beau, le soleil brillait jusqu’à il y a peu et Moscou est maintenant enneigée et magnifique, ce qui donne envie de se promener un peu à pied, et je dois bien avouer que cela m’a donné une nouvelle idée des dimensions de la ville.

Samedi dernier, je suis allé au métro ВДНХ pour chercher ma carte de métro, mais je suis arrivé en retard et comme je ne voulais pas être allé jusque là-bas pour rien, je me suis di, pourquoi ne pas en profiter pour aller voir la tour télé Ostankinskaya (Останкинская en bon cyrillique). Alors, je suis parti dans la nuit à travers la ville. Au loin se dessinait la forme familière et néanmoins inquiétante de mon but. Il faut préciser qu’on peut voir cette tour d’un peu partout dans Moscou, et en particulier de notre chambre lorsque le temps est suffisamment dégagé, d’où la familiarité de la silhouette, qui est inquiétante pour des raisons bien plus intrinsèques, comme on peut le vérifier sur cette photo (pas de moi):

ostqnskino.jpg

Bon, mis à part, ça tout va bien. Je regarde en ce moment une série russe de 10 épisodes basée sur le roman l’Idiot de Dostoievski et mis à part le fait que je commence à ne plus comprendre grand’chose à l’histoire (j’en suis au 5ème épisode), c’est vraiment pas mal. Du coup, j’ai commencé à lire le roman en français (je l’ai emprunté à la médiathèque du Centre Culturel Français de Moscou, où on trouve également des bandes dessinées, ce qui, à Moscou, est assez rare pour faire de ce centre un lieu de pélerinage pour tous les Français). J’en suis à la 30ème page.

Au théâtre de l’université, en ce moment, on prépare un spectacle sur Prévert et Garcia Lorca et je participe à la partie Prévert en tant que Français. Je dois dire que ça me plait pas mal de réciter du Prévert en français sur une scène russe. J’attends avec impatience la première qui doit être programmé pour le 3 mars, et on n’a pas encore tout mis en place, mais ça avance. A propos de théâtre, je me suis rendu compte que je n’avais pas encore parlé de notre premier petit spectacle, appelé ici капустник (prononcer kapoustnik) mot qui signifie entre autres champ de choux, chenille du chou, et concert estudiantin (source Lingvo). J’en profite pour diffuser une photo qui paraîtrait compromettante à certains, mais dont je tire une certaine fierté, puisqu’elle me montre pour la première fois (qui j’espère ne sera pas la dernière) sur une scène russe.

kakoi_nigodiai.JPG

Voici un des moments forts du spectacle, l’authentique et célèbre ballet russe s’invite sur la scène du Дворец Культуры (Dvorets Koultouri c’est-à-dire mot à mot le Palais de la Culture) de l’institut Bauman. C’était un triomphe, et j’y étais (en fait le principe du kapustnik était en l’occurence de décliner la même histoire de toutes les manières possibles et imaginables, du ballet au cabaret français, en passant par les versions samouraïs et soviétiques…)

russki_balet.JPG

Voilà, la suite de mes aventures la prochaine fois si je survis au froid moscovite encore quelques temps.

Une publicité marrante

13 novembre 2006

a_quoi_revent_les_profs_de_maths.jpg

Traduction: A quoi rêvent les profs de maths? (c’est pour papa)

Octobre à Moscou, le début de l’automne

13 novembre 2006

Comme ça fait très longtemps que je n’ai pas écrit, je vais être obligé de condenser un peu.

Le week-end qui a suivi celui à Serguiev Possad, je me rappelle qu’on est allé avec Olivier à la nouvelle galerie Tretiakov (mâtin, quelle galerie!). Eh oui, effectivement, c’est une belle galerie d’art contemporain. En fait, l’art contemporain russe est beaucoup plus ecclectique et intéressant qu’on pourrait le croire, surtout pour un pays ayant vécu si longtemp s sous une dictature assez hostile à l’art, en particulier contemporain. On s’attendait plus ou moins à se retrouver dans une galerie de peintures soviétiques à la gloire de Staline et des travailleurs, mais en fait l’art a réussi à trouver un chemin à travers la répression soviétique. En plus on a eu la chance de tomber sur une exposition d’Erik Boulatov, artiste russe exilé en France pendant une grande partie de sa vie, auteur d’oeuvres passionantes en relation avec le soviétisme et la liberté de conscience et d’expression. En voici une assez révélatrice peinte en 1975. Je laisse l’interprétation aux spectateurs, sachant que l’image est inspirée d’une publicité soviétique pour les vacances au bord de la mer Noire.

boulatov1.jpg

Pour la petite histoire, Erik Boulatov vit toujours en France à Cachan aux dernières nouvelles.

Evidemment, on peut aussi observer là-bas quelques oeuvres de bon goût soviétique, comme ces faucheurs de kolkhoze par une belle journée d’été, ou quelques majustueux Staline, dont l’intérêt est de toute évidence plus historique qu’artistique, mais connaissant l’histoire de la Russie, on comprend qu’ils aient encore des communistes dans leurs musées.

soviet.jpg

Enfin, on peut observer des peintures des célèbres peintres russes du début du siècle tels que Marc Chagall et Kandinski (voir ci-dessous), et un certain nombre de peinture de constructivistes et de cubistes de tout poil. En un mot comme en cent, pour ce qui est de la peinture, ça vaut largement le centre Pompidou, en moins américain, puisqu’il n’y a que des russes.

kandinski.jpg

Avant de visiter la galerie, on a fait un petit tour dans le parc qui se trouve juste à côté, où ont été entreposées quelques vestiges de l’époque communistes sous forme de statues impressionnantes et moustachues. C’est en plus très agréable de s’y promener quand il fait beau et chaud et c’était le cas ce matin-là. On en a donc profité pour prendre quelques photos. Pour ceux qui veulent voir des Staline des Khrouchtchev comme Olivier, c’esst un passage obligé, même si je dois avouer qu’on a été un peu déçu parce qu’en fait, il n’y en a pas tant que ça, mais bon, voici quand même quelques photos marrantes.

des_dirigeants_sovietiques_devant_un_grand_symbole_sovietique.jpg

En plus des dirigeants soviétiques, il y avait des scientifiques célèbres. Ci-dessous Enstein et Bohr (uh uh uh!)

einstein_et_bohr.jpg

Bon voilà pour ce weekend là. Il me reste encore des photos à vous montrer mais je les garde pour plus tard.

Le weekend d’après, je crois que nous sommes allés voir une pièce de théâtre au théâtre « На бережной » (prononcer « na berejnoi ». Ca veut dire « sur la rive ») où je fais du théâtre le dimanche. C’était très beau, même si on n’a pas compris grand chose. En fait c’était des vers de la célèbre poétesse russe Marina Tsvetaieva récités et joués comme un monologue mais ça valait vraiment le coup d’oeil. le spectacle s’appelait Чувство моря (prononcer Tchouvstvo moria, c’est-à-dire littéralement « le sentiment de la mer »). Malheureusement, je n’ai pas de photos, mais en tout cas, pour une première expérience de théâtre russe, ça valait le coup. Un soir, on a loupé la séance d’une demi-heure parce que les gens ne me croyaient pas quand je leur ai dit qu’il fallait une heure pour aller jusqu’au théâtre. Heureusement il y en avait une autre le lendemain. C’est aussi ce jour-là que Svetlana est venue à Moscou pour la première fois (enfin depuis mon arrivée). Voici une photo devant l’église du Christ Sauveur (en voilà une église qu’elle est belle)

semaine_debut_octobre-001.jpg

Ensuite les semaines suivantes je sais plus trop ce qui s’est passé. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a eu un jour un match de foot assez rigolo entre les deux équipes des deux plus grandes chaires de Bauman (Energ et SM, dont j’ai déjà parlé). On est allé y faire un tour avec Olivier. Effectivement, ça valait le coup d’oeil, plus pour les spectateurs que pour le match d’ailleurs. J’ai d’ailleurs croisé là-bas un ami acteur qui fait aussi de la photographie et qui était là-bas en qualité de reporter, pour saisir au vol les expressions magiques suscitées par le spectacle du football. Pour ceux qui en douteraient encore, le football est un sport de beauf en Russie comme en France, sauf qu’en Russie, la notion de beauf n’existe pas encore tout à fait (pas plus que celle de mauvais goût d’ailleurs) et donc, ça donne une belle explosion de fumigène. Pour information (je n’ai pas de photos donc vous êtes obligés de me croire sur parole) une fille a fait le tour du terrain torse nu au milieu du match. C’est juste pour vous donner une idée de l’ambiance….La Russie, c’est plus chaud que le Brésil mon gars.

semaine_debut_octobre-032.jpg

Bon voilà, c’est tout pour le moment. Je vous raconterai la suite plus tard, car je n’ai plus de belles photos. Nous voici donc à la mi-octobre environ (eh oui, j’ai du retard).